La biodynamie ne relève pas seulement d’un « truc avec la lune », le logo AB sur une bouteille ne détient pas le pouvoir de guérir tous les maux et l’ajout d’additifs se tient loin des étiquettes. Comment s’y retrouver ? Le point pour connaître un peu mieux le vin que l’on boit. Voici un petit guide qui va vous permettre d’y voir un peu plus clair…

Vin conventionnel

Le slogan serait « Plaire à tout prix » !  Ambassadeur de la viticulture moderne, il a pour objectif de plaire au plus grand nombre, notamment dans les rayons de supermarché. Une technique rodée pour un jus sans surprise d’année en année. Après tout, tous les goûts sont dans la nature. Sauf que la viticulture conventionnelle est loin de se préoccuper du terrain justement.

Chimie dans les vignes
Les engrais, pesticides et insecticides utilisés ont épuisé les sols. Les racines de la vigne, biberonnées aux produits chimiques, remontent vers le haut du sol pour en profiter plutôt que de puiser naturellement au cœur du terroir. Victimes collatérales : le goût du produit final et la santé du consommateur. L’outil de travail des vignerons est en passe de disparaître, en mort biologique. En agriculture dite raisonnée, les produits chimiques sont utilisés en plus petites quantités, et pas en préventif.

Des arômes élaborés en laboratoire
La chimie s’invite au chai également. La communauté européenne autorise 300 produits chimiques. Des traitements œnologiques (du charbon activé pour décolorer le vin, des copeaux de chêne pour lui apporter du goût), et des levures chimiques élaborées en laboratoire pour donner l’arôme voulu. A l’inverse, les levures indigènes ou naturelles, chargées de transformer le sucre en alcool, reflètent le caractère spécifique du domaine et de l’année.

Vin bio

Moins de vigne, mais mieux traitée

Il est repérable à son logo AB (agriculture biologique). Dans les vignes, aucun herbicide, pesticide ou insecticide n’est utilisé. A la place, du fumier permet d’enrichir la terre. En cas de mildiou, la maladie de la vigne, le vigneron peut appliquer de la bouillie bordelaise à base de cuivre. Reste à être précis dans les dosages (régulés par la législation européenne) et les pulvérisations, pour éviter de contaminer le sol. Les vendanges mécaniques sont également interdites. Le tout implique une quantité de travail non négligeable et donc généralement de plus petites exploitations, aux rendements moindres. Faire moins, mais mieux.

Additifs autorisés

En revanche, les normes fixées par un règlement européen de 2012 concernant la vinification n’interdisent pas toutes les pratiques et les produits ajoutés au vin, mais les limitent. Des additifs « d’origine naturelle » doivent être privilégiés, comme des levures bio par exemple. Qui n’ont de naturel que l’intitulé.

Marketing oblige, le logo AB peut donc traduire des raisins bios, mais vinifiés industriellement ou presque. Connaître les méthodes du vigneron (avec l’aide de son caviste en l’occurrence) est le seul moyen de s’assurer de la qualité de vinification.

Vin biodynamique

Respecter l’écosystème

Les logos Demeter et Biodyvin ornent ces bouteilles. L’agriculture biodynamique représente moins de 2% du vignoble français. Ses bases ont été posées par le philosophe Rudolf Steiner au début du XXe siècle. Le topo : être en harmonie avec le vivant, automne.

Des préparations naturelles (à base de bouse de vache par exemple) agissent comme un traitement homéopathique sur la vigne. Les rythmes lunaires et planétaires entrent en compte pour l’application. Au chai, le vin biodynamique autorise moins d’intrants (additifs) que le cahier des charges en vinification biologique.

Vin nature

Pas de définition claire et c’est bien dommage !

Aucune définition officialisée permet de mettre fin aux divergences au sein de la communauté. Antonin Iommi-Amunategui, auteur du Manifeste pour le vin naturel, s’est risqué à l’exercice : « Un vin conçu à partir de raisins issus de l’agriculture biologique ou de la biodynamie, vendangés à la main et vinifiés à l’aide de techniques artisanales, sans aucun intrant, à l’exception possible, mais pas encouragée, de très faibles doses de sulfites. Le zéro-additif étant l’objectif, l’idéal. »

Les puristes

Les sulfites évoqués, ou soufre, permettent d’éviter les problèmes de conservation et de transport des bouteilles. Ils stoppent la fermentation et stabilisent le vin (et provoquent d’éventuels maux de tête chez le consommateur). Refuser d’en utiliser est un pari risqué de certains vignerons déterminés qui implique un transport soigneux des raisins, une grande propreté et… beaucoup d’écoute. On parle de vins Sans Aucun Intrants Ni Sulfites (S.A.I.N.S). Ces breuvages, soumis à l’incertitude, peuvent réserver de belles surprises. Les plus grandes tables du monde et les palais avertis d’œnologues ne diront pas le contraire.

Source: Justine Knapp/https://www.grazia.fr/

Trois ouvrages pour aller plus loin :

– Le vin c’est pas sorcier, Ophélie Neiman
– Le vin bio, Jean-Marc Carité
– Manifeste pour le vin naturel, Antonin Iommi-Amunategui

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2 réflexions au sujet de “Vin bio ou conventionnel… quelles différences ?”

  1. Je ne sais pas qui a dit qu’il fallait boire un verre de vin par jour car c’était bon pour la santé. Quand je vois le nombre de saloperies de produits chimiques qui sont déversés sur la vigne tout au long de l’année, je me demande si je bois un résidu de produits phytosanitaires bien dégueulasse ou du jus de raisin … Je suis actuellement dans les vins « nature » et j’en trouve de très bons. Je m’inscris donc en « consom’acteur » et je ne valide pas les cultures viticoles traditionnelles, trop gavées de produits néfastes !
    Merci pour cet article qui éclaircit un peu les différents vins;)

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    • Je plussoie avec vous Maxime, cependant un bon château Margaux (pour ne donner qu’un seul exemple) même avec des traitements constants de produits chimiques reste, à mes yeux, un ravissement sans aucune mesure avec un quelconque vin bio 🙁

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