De plus en plus de personnes consomment bio en France, mais comment définir ce mode de production ? Voici quelques éléments qui vont vous permettre d’en savoir plus sur la Bio, ses engagements, son cahier des charges et ses chiffres…

Les Français et leurs comportements alimentaires

En 2019, 57% des Français déclarent avoir modifié leurs habitudes alimentaires, quels sont ces changements ?

  • 61% évitent désormais le gaspillage ;
  • 58% respectent la saisonnalité des produits ;
  • 55% achètent plus de produits frais ;
  • 52% privilégient les produits locaux et les circuits courts ;
  • 45% cuisinent davantage ;
  • 43% font le choix d’acheter de plus en plus de produits biologiques.
  • 85 % des parents souhaitent des repas avec des produits bio en restauration scolaire.

Un nouveau profil : les jeunes consommateurs

Le « Baromètre de consommation et de perception des produits biologiques en France » s’est intéressé à la consommation des jeunes français, âgés de 18 à 24 ans. Les nouvelles générations font, elles aussi, le choix du bio. Malgré un frein budgétaire à prendre en compte, les benjamins de la population française représentent un panel de nouveaux consommateurs, avec 27% des 18-24 ans qui ont l’intention d’augmenter leurs achats de produits bio.

En France, la consommation d’au moins un produit non-alimentaire bio est passée de 68% en 2015 à 78% en 2019.

C’est quoi la Bio ?

L’agriculture biologique repose sur le respect des équilibres naturels, elle exclut ainsi l’usage des produits chimiques de synthèse, des OGM et limite l’emploi d’intrants.

L’agriculture biologique est un mode de production agricole respectueux des hommes et des femmes, des animaux et de l’environnement. Elle s’inscrit comme une réponse aux défis environnementaux, sociaux et économiques de l’agriculture du XXIe siècle. Alors que le développement de la production et de la consommation bio s’accélère, qui voit encore la bio comme une pratique marginale ou une niche commerciale ?

PLUS DE 10 % DES FERMES FRANÇAISES EN BIO

En 2019 (derniers chiffres officiels répertoriés), en France, la bio c’est:

  • +5 500 producteurs bio
  • 47 196 fermes bio, soit 10,36 % des fermes françaises
  • 8,5 % de la * SAU en bio ou conversion soit 2,25 million d’hectares
  • +13 % de surfaces bio en un an, avec près de 565 000 ha en conversion

* La superficie agricole utilisée (SAU) est une notion normalisée dans la statistique agricole européenne. Elle comprend les terres arables (y compris pâturages temporaires, jachères, cultures sous abri, jardins familiaux…), les surfaces toujours en herbe et les cultures permanentes (vignes, vergers…).

LE CAHIER DES CHARGES DE LA BIO

L’agriculture biologique est encadrée par deux règlements européens :

  • Un règlement « cadre » qui édicte les grands principes de la production bio
    Pour consulter le texte à jour, cliquez ici…
  • Un règlement « d’application » qui fixe les règles concrètes à appliquer sur le terrain
    Pour consulter le texte à jour, cliquez ici…

La France s’est en outre dotée d’un Guide de lecture, outil permettant d’expliciter les règles, et de les rendre plus compréhensibles et concrètes.
Pour consulter le texte à jour, cliquez ici…

Il existe également un catalogue des manquements, permettant de savoir quelle sanction est appliquée lorsqu’un point du règlement n’est pas respecté. Pour consulter le texte à jour, cliquez ici…

Note : Pour les productions non couvertes par le règlement européen (escargot, lapin, autruche, etc.), la France a édité un cahier des charges national, respectant les principes du cahier des charges européen.
Pour consulter le texte à jour, cliquez ici…

LES RÈGLES DE PRODUCTIONS VÉGÉTALES BIO

La conduite des productions végétales est basée sur l’amélioration constante de la fertilité et de l’activité biologique des sols et privilégie l’apport d’amendements organiques. L’utilisation de produits chimiques de synthèse est interdite. Il s’agit de nourrir le sol pour nourrir la plante.

LES RÈGLES DE PRODUCTION EN ÉLEVAGE BIO

L’élevage bio doit se conformer aux besoins spécifiques des différentes espèces animales et tenir compte des deux grands principes de la bio qui sont le lien au sol et le respect du bien-être animal. Les animaux, nourris avec des aliments naturels, sains et variés, sont eux-mêmes source de fumure organique permettant le maintien de la fertilité des sols. L’efficacité économique de l’élevage repose très fortement sur ses possibilités d’autonomie alimentaire.

Les élevages biologiques n’utilisent pas de produits chimiques de synthèse ni de médicaments à titre préventif.
Les éleveurs doivent donc s’assurer que leurs animaux s’épanouissent dans de bonnes conditions sanitaires en appliquant des principes de précaution et un suivi attentif de la santé pour garantir le bien-être des animaux.
Ils préfèrent également les races rustiques, adaptées aux conditions de vie locales et plus résistantes aux maladies.

Cette résistance est renforcée au quotidien par la vie en plein air, une alimentation adaptée sans OGM, d’avantage d’espace pour chaque animal et des abris sains et confortables.
Si les animaux tombent malades ils sont soignés rapidement pour éviter de souffrir. Des remèdes naturels comme l’homéopathie et la phytothérapie sont favorisés.
Les antibiotiques et autres médicaments allopathiques ne sont donnés que lorsqu’aucune alternative n’est possible.

Pour « être bien » les animaux doivent pouvoir satisfaire leurs besoins comportementaux naturels et s’épanouir dans un environnement sain et non stressant.
Les animaux bio sont élevés en liberté et en plein air avec tout l’espace qu’il leur faut, les couchages et litières sont adaptées aux différentes espèces et ils sont nourris selon leurs besoins, avec des aliments naturels.

Idéalement, les agriculteurs biologiques chercheront  à cultiver leurs propres aliments destinés au bétail ou les achèteront auprès des exploitations agricoles biologiques voisines.
L’objectif est de favoriser le plus possible le bien-être de l’animal.

LA CONVERSION

Avant de pouvoir être certifié bio, une période de conversion est nécessaire. Elle permet notamment le nettoyage du sol et assure une période de transition pendant laquelle le cahier des charge est respecté mais les produits ne peuvent pas encore être commercialisés sous le logo AB.

LES CONTRÔLES

Tous les opérateurs de la bio doivent être contrôlés par un organisme certificateur (OC) et notifiés auprès de l’Agence Bio : producteurs, transformateurs, stockeurs, négociants, importateurs, conditionneurs, distributeurs.

TRANSFORMATION – OGM – ÉTIQUETAGE

Un autre principe primordial du règlement bio est l’interdiction des OGM.

D’autres règles précisent les conditions d’étiquetage et de transformation des produits bio. Le logo garantit que les produits sont 100% bio ou contiennent au moins 95% de produits agricoles bio dans le cas des produits transformés.

LES RÈGLES D’IMPORTATION

Le règlement bio, donc les règles de production, s’applique dans toute l’Europe. Les produits issus de productions biologiques hors Union Européenne peuvent être importés selon des règles précises, spécifiées dans le règlement bio.

Deux régimes d’importation sont possibles:

  • Des accords bilatéraux prenant en compte tout ou partie des produits : les règles de l’agriculture biologique du pays exportateur ont été jugées équivalentes au règlement bio européen. C’est le cas aujourd’hui pour l’Argentine, l’Australie, le Canada, la Corée du Sud, le Costa Rica, les États-Unis, l’Inde, Israël, le Japon, la Nouvelle-Zélande, la Suisse et la Tunisie.
  • Des cahiers des charges équivalents : produit par produit, pour chaque pays, un cahier des charges et l’organisme certificateur chargé de les contrôler est supervisé directement par la Commission Européenne pour permettre l’importation sous le logo bio européen.

Sources: Agence bio, Produire-bio.fr

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